Consignes et réutilisation
mai 15, 2008 by BastienBonjour,
Finalement, après plusieurs mois d’inactivité, ce blog démarre.
Le recyclage fait aujourd’hui partie intégrante de la vie des Français. C’est une première avancée intéressante, mais elle n’est pas vraiment remise en question. Il est dommage de considérer ce procédé comme un fin en soi.
A ma connaissance, peu de publications essaient d’aller voir plus loin. Et pourtant, aller voir plus loin signifie, à mon avis, reprendre certaines pratiques “conservatrices” des générations précédentes, simples à mettre en œuvre et tellement efficaces.
Il est possible de réduire considérablement ses déchets, en amont, en adoptant certains gestes simples et, bien entendu, en fréquentant les réseaux de distribution les favorisant.
Prenons comme exemples les œufs, la bière, le pain, les fruits et légumes.
Selon le site Oeufs-asso.com, chaque français utilise 251 oeufs chaque année (42 boîtes de 6 oeufs.) Le volume d’emballages correspondant doit être assez élevé. Le simple fait de réutiliser des boîtes d’oeufs plutôt que de les jeter permet donc d’économiser la production et l’éventuel recyclage d’une quarantaine d’emballages chaque année. Cela ne nécessite que l’ajout d’une ou plusieurs boîtes vides à son stock de sachets prévus pour faire ses courses.
Pour la bière, mon objectif est de vous familiariser avec la pratique de la consigne. Les distributeurs indépendants (débits de boisson ou “drink markets” dans le Nord Pas de Calais et la Belgique), reprennent les bouteilles vides des bières qu’ils vendent. Le prix couramment pratiqué est 20 centimes d’euro pour une bouteille de 75 centilitres et de 10 centimes pour une bouteille de 25 ou 33 centilitres. L’économie n’est pas ridicule. Celles-ci sont triées, nettoyées et revendues aux brasseurs plutôt que d’être cassées et refondues. L’économie d’énergie est substantielle et le volume de déchets ménagers diminué d’autant. A noter que les bières vendues en packs de 30 canettes avec des “promotions” ne sont pas reprises… Cette pratique tend à faire découvrir de bien meilleures boissons, brassées par des structures à dimension humaine.
Dans la même veine, plutôt que d’acheter des bouteilles de vin, de nombreuses personnes (au moins mes grands-parents et des amis de mes parents) achetaient le vin au tonneau et embouteillaient eux-mêmes leur vin dans des bouteilles qu’ils réutilisaient jusqu’à la casse.
Pour le pain, mon premier geste a été de réutiliser les étuis à baguette ou les sachets de pain que la boulangère utilise. Ils s’abîment progressivement mais permettent une économie de papier importante si on la fait tous. La boulangère, amusée, m’offre quelquefois des réductions d’une dizaine de centimes du fait du coût qu’elle évite en n’achetant pas de son côté des lots d’emballages. C’est plus récemment que j’ai débuté l’utilisation du sac à pain, en tissu et en plastique. Réutilisable presque à l’infini, c’est un moyen simple de ne pas gaspiller des feuilles de papier chaque jour, une fois la baguette terminée. On peut les fabriquer soi-même, en demander un à son boulanger ou en acheter un pour une somme modique.
Enfin, pour les fruits et légumes, c’est en deux étapes que j’ai radicalement réduit mon utilisation de sachets. Il me semble avoir lu que le volume de sachets a diminué de 70% depuis les mesures prises par la grande distribution. C’est une première étape encourageante mais qui doit être approfondie. D’abord en encourageant les maraîchers et vendeurs à regrouper plusieurs articles dans un même sachet après les avoir pesés. Une botte de radis avec quelques carottes et oignons, c’est bien le minimum. Ensuite, rentré à la maison, après avoir rangé les provisions, je mets de côté mes sachets pour la semaine suivante. Je ne réutilise pas trop les sachets utilisés pour le poisson ou la viande lorsqu’ils sentent ; ils deviennent des sacs poubelles.
J’espère que ces quelques pistes, dignes des consignes de Nicolas Hulot, vous permettront de prendre conscience de votre utilisation des ressources et gestion des déchets.
La société d’hyper-consommation nous oblige à mettre en cause chacun de nos gestes, nous ayant modelé à devenir des adeptes du tout-jetable. Il incombe à chacun d’entre nous de faire des efforts personnels et de les partager.